
Vous louez un appartement à Bruxelles et vous vous demandez si le montant demandé par votre propriétaire correspond réellement au logement que vous occupez ?
Depuis plusieurs années, la Région de Bruxelles-Capitale met à disposition une grille indicative des loyers permettant de calculer un loyer de référence en fonction des caractéristiques du bien. Et depuis le 1er mai 2025, ce loyer de référence a pris une importance supplémentaire : la législation bruxelloise interdit désormais au bailleur de proposer un loyer abusif.
Mais attention : cela ne signifie pas qu’un propriétaire doit obligatoirement louer son appartement exactement au prix indiqué par la grille.
Le système est plus nuancé.
Voici comment calculer le loyer de référence de votre logement, déterminer si votre loyer semble excessif et savoir quoi faire si vous estimez payer trop cher.
Qu’est-ce que le loyer de référence à Bruxelles ?
Le loyer de référence est un montant calculé par la Région de Bruxelles-Capitale afin de donner une indication du loyer correspondant à un logement présentant certaines caractéristiques.
Il ne s’agit donc pas d’un prix unique applicable à tous les appartements d’une même commune.
Un appartement de 60 m² à Jette ne recevra pas nécessairement le même loyer de référence qu’un appartement de même superficie situé à Ixelles. De même, deux appartements situés dans la même rue peuvent obtenir des résultats différents selon leur nombre de chambres, leur PEB ou leurs équipements.
La Région utilise notamment :
- le type de logement : appartement, maison ou studio ;
- le nombre de chambres ;
- la superficie habitable ;
- la localisation précise ;
- l’année de construction ;
- la présence ou non de double vitrage ;
- le chauffage central ;
- la présence d’une régulation thermique ;
- une éventuelle deuxième salle de bain ;
- la présence d’un jardin, d’une terrasse ou d’un balcon ;
- les espaces de rangement comme une cave ou un grenier ;
- le niveau PEB ;
- la présence éventuelle d’un garage.
La grille officielle repose notamment sur 14.042 enquêtes réalisées auprès de locataires en 2017, 2018 et 2020 dans le cadre des Observatoires des Loyers. Les montants sont ensuite adaptés. Les loyers de référence utilisés en 2026 ont notamment été indexés en janvier 2026 en fonction de l’évolution de l’indice santé.
Comment calculer le loyer de référence de son appartement ?
La manière la plus simple consiste à utiliser le calculateur officiel de Bruxelles Logement disponible sur loyers.brussels.
Vous devrez encoder successivement les caractéristiques de votre logement : type, chambres, superficie, année de construction, équipements, PEB, garage éventuel et adresse.
Le système vous fournira alors automatiquement le loyer de référence correspondant au logement.
Un point mérite une attention particulière : utilisez bien la superficie habitable demandée par le calculateur, et pas nécessairement n’importe quelle superficie reprise dans une annonce immobilière.
La Région définit ici la superficie habitable comme la somme des surfaces au sol des pièces de vie répondant aux hauteurs minimales prévues, en excluant notamment les caves, garages, greniers et cages d’escalier.
Une erreur de superficie peut évidemment modifier le résultat.
Mon propriétaire doit-il respecter exactement ce loyer ?
Non.
C’est probablement le point le plus important à comprendre.
Le loyer de référence n’est pas un plafond automatique imposant à tous les propriétaires de louer exactement au montant calculé par la grille.
Dans le marché locatif privé bruxellois, le loyer reste en principe librement déterminé par les parties.
Mais depuis le 1er mai 2025, un propriétaire ne peut plus proposer un loyer abusif. Et c’est ici que le loyer de référence devient juridiquement important.
À partir de quand un loyer est-il considéré comme abusif ?
La réglementation prévoit deux situations importantes.
Le loyer dépasse de plus de 20 % le loyer de référence
Lorsqu’un loyer dépasse de 20 % le loyer de référence, il est présumé abusif.
Le mot « présumé » est important.
Cela signifie qu’il existe une forte présomption, mais que le propriétaire peut encore justifier cette différence lorsqu’elle repose sur des éléments de confort substantiels propres au logement ou à son environnement.
Un dépassement de 20 % ne permet donc pas automatiquement au locataire de diminuer lui-même son loyer.
Il permet en revanche de remettre sérieusement en question sa justification.
Un loyer inférieur à ce seuil peut également poser problème
C’est un aspect moins connu de la réglementation.
Un loyer peut également être considéré comme abusif même s’il ne dépasse pas de 20 % le loyer de référence, lorsque le logement présente certains défauts de qualité propres au logement ou à son environnement.
La comparaison ne doit donc pas être purement mathématique.
L’état réel du logement compte également.
Un appartement présentant de sérieux défauts ne peut pas nécessairement être considéré comme correctement évalué uniquement parce que son loyer se trouve dans la fourchette de la grille.
Prenons un exemple simple
Imaginons que la grille officielle donne pour votre appartement un loyer de référence de 900 € hors charges.
Un loyer légèrement supérieur à 900 € n’est pas automatiquement abusif.
Un appartement particulièrement bien équipé, bénéficiant d’une situation exceptionnelle ou présentant certains éléments de confort peut parfaitement justifier une différence.
En revanche, plus le loyer s’éloigne du montant de référence, plus il devient pertinent de chercher à comprendre ce qui justifie concrètement cet écart.
Lorsque le seuil légal de 20 % est dépassé, la présomption de loyer abusif entre en jeu.
La bonne question à poser n’est donc pas uniquement :
« Mon loyer est-il supérieur à la grille ? »
Mais :
« La différence entre mon loyer et le loyer de référence est-elle raisonnablement justifiée par le logement que j’occupe ? »

Où trouver le loyer de référence dans votre bail ?
Depuis le 2 décembre 2021, les nouveaux contrats de bail d’habitation bruxellois doivent mentionner le loyer de référence ou l’intervalle de loyers correspondant.
Si vous avez récemment signé un bail, vérifiez donc votre contrat.
Vous devriez pouvoir comparer :
votre loyer réel
avec
le loyer de référence du logement.
Mais même lorsque ce montant figure dans le bail, il peut être utile de refaire le calcul vous-même sur le site officiel, surtout si vous avez un doute sur les informations qui ont été utilisées.
Vérifiez notamment la superficie, le PEB, le nombre de chambres et les équipements renseignés.
Le PEB influence-t-il le loyer de référence ?
Oui.
La performance énergétique du logement fait partie des éléments pris en compte dans le calcul du loyer de référence.
C’est logique : deux appartements comparables, mais dont l’un possède une excellente isolation et l’autre un très mauvais PEB, ne procurent pas nécessairement le même confort ni les mêmes perspectives de dépenses énergétiques.
Si vous louez un appartement avec un mauvais PEB, assurez-vous donc que le bon niveau énergétique a été utilisé dans le calcul.
Le certificat PEB doit d’ailleurs être communiqué dans le cadre de la mise en location.
Que faire si votre loyer semble trop élevé ?
Si votre comparaison fait apparaître une différence importante, ne commencez pas par arrêter de payer une partie de votre loyer.
C’est une mauvaise idée.
Tant qu’aucun accord ou aucune décision n’a modifié votre loyer, le contrat continue à produire ses effets.
Procédez plutôt méthodiquement.
1. Refaites le calcul avec la grille officielle
Utilisez les caractéristiques exactes du logement et conservez le résultat.
2. Rassemblez les documents
Gardez notamment :
- votre contrat de bail ;
- votre certificat PEB ;
- votre état des lieux ;
- le calcul du loyer de référence ;
- des photographies lorsque certaines caractéristiques du logement sont pertinentes ;
- les échanges éventuels avec votre propriétaire.
3. Parlez-en au propriétaire
Une discussion peut parfois suffire.
Il peut exister une erreur dans le calcul initial, mais également des éléments expliquant la différence.
L’objectif est d’abord de comprendre la situation avant d’entrer dans une procédure.
4. Vous pouvez saisir la Commission Paritaire Locative
Si vous considérez que le loyer reste injustifié, vous pouvez demander l’avis de la Commission Paritaire Locative de la Région de Bruxelles-Capitale, ou CPL.
Il s’agit d’un dispositif régional chargé d’évaluer la justesse des loyers.
La procédure est gratuite et la Commission examine notamment le bail, le loyer de référence, la description du logement, ses qualités et ses éventuels défauts.
Elle entend les parties et doit rendre son avis dans un délai de deux mois à compter de l’introduction de la demande.
Lorsqu’elle considère qu’une révision du loyer est justifiée, elle peut également proposer une conciliation entre le locataire et le propriétaire.
L’avis de la Commission est-il obligatoire ?
Non.
L’avis de la Commission Paritaire Locative est non contraignant.
Elle ne peut donc pas imposer seule au propriétaire une diminution du loyer.
Son avis constitue néanmoins un élément important pour essayer de trouver un accord entre les parties.
Si aucun accord n’est possible, le locataire peut également introduire une demande auprès du juge de paix. Celui-ci peut statuer sur la demande de révision et peut également demander l’avis de la Commission Paritaire Locative avant de prendre sa décision.
Tous les logements sont-ils concernés par la Commission Paritaire Locative ?
Non.
La CPL concerne les logements situés en Région de Bruxelles-Capitale relevant du marché locatif concerné par le dispositif.
Elle n’est notamment pas compétente lorsque le bail a été conclu avec certains opérateurs immobiliers publics ou une agence immobilière sociale (AIS), ni lorsque le loyer est déjà encadré par une ordonnance ou un arrêté.
Pour un appartement loué à un propriétaire privé à Jette, Schaerbeek, Anderlecht, Uccle, Ixelles ou ailleurs dans les 19 communes bruxelloises, le dispositif peut en revanche être pertinent.
Le loyer de référence est-il la même chose que le prix du marché ?
Pas exactement.
C’est une nuance importante.
Le calculateur est un outil officiel de référence juridique et indicatif, mais il ne doit pas être interprété comme une photographie parfaite de chaque loyer actuellement demandé dans chaque rue de Bruxelles.
La grille se fonde sur des enquêtes locatives réalisées en 2017, 2018 et 2020, auxquelles sont ensuite appliquées des adaptations et indexations. Elle utilise également une méthode statistique tenant compte de la localisation et des caractéristiques du logement.
La Région prévoit d’ailleurs une marge de 10 % autour du loyer médian afin d’intégrer certains éléments difficiles à reprendre individuellement dans la grille, comme une vue exceptionnelle, une architecture particulière ou certaines qualités de l’environnement.
Il est donc parfaitement possible qu’un loyer proposé sur le marché soit différent du loyer de référence.
Ce qui devient problématique, ce n’est pas toute différence : c’est un écart excessif qui ne peut pas être raisonnablement justifié.

6 vérifications à faire si vous pensez payer trop cher
Avant de conclure que votre loyer est abusif, vérifiez :
1. Le montant du loyer de référence indiqué dans votre bail.
2. Le résultat obtenu aujourd’hui sur loyers.brussels.
3. La superficie habitable réellement utilisée pour le calcul.
4. Le bon niveau PEB du logement.
5. Les équipements et qualités particulières susceptibles de justifier un loyer supérieur.
6. À l’inverse, les défauts du logement susceptibles de justifier un loyer inférieur.
Vous aurez ainsi une base beaucoup plus solide pour discuter avec votre bailleur ou, si nécessaire, demander l’avis de la Commission.
Mon loyer est supérieur au loyer de référence : dois-je m’inquiéter ?
Pas nécessairement.
Un loyer qui dépasse légèrement le loyer de référence n’est pas automatiquement abusif.
La grille doit être utilisée comme un indicateur, puis replacée dans le contexte réel du logement.
En revanche, lorsqu’un locataire constate un écart important, particulièrement lorsque son loyer dépasse de plus de 20 % le montant de référence sans qu’il puisse identifier de caractéristiques exceptionnelles justifiant la différence, il a raison de s’informer davantage.
Depuis le 1er mai 2025, la législation bruxelloise lui donne justement des outils pour le faire.
En conclusion : comparez avant de contester
Le loyer de référence permet aujourd’hui aux locataires bruxellois de disposer d’un point de comparaison officiel.
Il ne signifie pas que tous les logements doivent être loués exactement au prix indiqué par la grille.
Mais il permet de poser une question essentielle :
« Le loyer que je paie correspond-il réellement aux caractéristiques et à la qualité de mon logement ? »
Chez Immo Balcaen, nous pensons qu’une bonne relation locative commence par une information claire, aussi bien pour le propriétaire que pour le locataire.
Implantés depuis près de 30 ans à Jette et actifs quotidiennement dans le nord-ouest de Bruxelles et les communes environnantes, nous sommes régulièrement confrontés aux questions de loyers, de baux et de mise en location.
Un loyer correctement fixé doit pouvoir être compris et expliqué.
Et lorsqu’un doute existe, le premier réflexe reste de vérifier les informations, comparer et dialoguer, avant d’envisager une procédure.
